L'Europe et son “autre” : penser la Méditerranée comme objet de l'histoire des relations internationales du temps présent.

Catégorie :Séminaire

Date :du mardi, 20 novembre 2012 à 18:00 au mardi, 04 juin 2013 à 20:00

Lieu :Paris (France)

Contact : houdabenhamouda31..a..gmail.com

Source: Houda Ben Hamouda (houdabh31..a..yahoo.fr)

Résumé :

Ces rencontres ont été conçues par le Groupe de travail sur la Méditerranée (UMR IRICE, axe 3 : L'Europe et les Autres) dans le cadre du Labex Écrire une histoire nouvelle de l'Europe (EHNE) (axe 4 : L'Europe comme « hors soi » : frontières, voisinage et altérité lointaine). Elles correspondent plus particulièrement à l'un des objectifs déclarés du projet, à savoir la décomposition de la notion d'espace européen et l'écriture d'une histoire transnationale de l'Europe. Le groupe, qui rassemble des chercheurs des Universités de Paris I, Paris IV, Nantes et du Centre Roland Mousnier, se propose de mener une réflexion autour de la Méditerranée comme objet d'histoire des relations internationales du temps présent. Pour ce faire, il organisera une série de rencontres en 2012-­‐2013, où interviendront des spécialistes de la Méditerranée de l’époque moderne et contemporaine.

Détails :

L'Europe et son “autre” : penser la Méditerranée comme objet de l'histoire des relations internationales du temps présent.

Organisation et animation des séances
Houda Ben Hamouda, doctorante, Université Paris 1, ATER à l'Université de Nantes Guia Migani, docteur en histoire, post-doctorante Université de Padoue
Sofia Papastamkou, docteur en histoire, BDIC

Lieu des séances
Les séances se tiennent le mardi de 18 à 20h, Maison de la recherche, 28 rue Serpente, 75006 Paris, salle D 223.

À l'exception de la première et de la cinquième séance, qui se tiendront à la salle de la bibliothèque de l'Institut Pierre Renouvin – 1 rue Victor Cousin, galerie J. B. Dumas, esc. L, 1er étage, salle F 603.

Ces rencontres ont été conçues par le Groupe de travail sur la Méditerranée (UMR IRICE, axe 3 : L'Europe et les Autres) dans le cadre du Labex Écrire une histoire nouvelle de l'Europe (EHNE) (axe 4 : L'Europe comme « hors soi » : frontières, voisinage et altérité lointaine). Elles correspondent plus particulièrement à l'un des objectifs déclarés du projet, à savoir la décomposition de la notion d'espace européen et l'écriture d'une histoire transnationale de l'Europe. Le groupe, qui rassemble des chercheurs des Universités de Paris I, Paris IV, Nantes et du Centre Roland Mousnier, se propose de mener une réflexion autour de la Méditerranée comme objet d'histoire des relations internationales du temps présent. Pour ce faire, il organisera une série de rencontres en 2012-­‐2013, où interviendront des spécialistes de la Méditerranée de l’époque moderne et contemporaine.

Entité consacrée par la construction d'un discours scientifique, parallèlement au déploiement de l'ambition coloniale européenne à l'Est du bassin méditerranéen au XIXe siècle, personnage historique inventé par Fernand Braudel, la Méditerranée réifiée évoque en réalité, en quasi-­‐ permanence, le rapport entre l'Europe, vue comme « Occident », et les rives Sud et Est de ce bassin, identifiées comme l'« Orient ». Espace, selon une conception propre à la France, ou ligne de communication maritime sur la route des Indes pour la Grande-­‐Bretagne, la Méditerranée inventée a, dès le début, intériorisé la notion de fracture entre Orient et Occident dans laquelle elle apparaissait comme frontière civilisationnelle. La Guerre froide et la décolonisation ont renouvelé la notion de fracture, en introduisant les divisions Est-­‐Ouest et Nord-­‐Sud et, de ce fait, l'interaction entre les logiques du système bipolaire, celles du non-­‐ alignement et celles du fonctionnement de l'économie mondiale. Elles ont conduit à la perception d'affrontement des civilisations. L'intégration européenne et les efforts employés autour du dialogue euro-­‐méditerranéen se situent, dans cette perspective, sur un terrain conceptuel qui oscille constamment entre la recherche d'une unité à inventer perpétuellement et une réalité de fragmentation et de décalages de toute nature entre les deux rives de la mer.
Au cours des vingt dernières années, on assiste au renouvellement de l'intérêt porté par les historiens pour la Méditerranée comme objet d’histoire. Ce renouvellement est stimulé par le développement de l'histoire mondiale. L'historiographie internationale a été considérablement enrichie en travaux anglophones dans lesquels la référence braudélienne, par ses héritages ou par les débats interrogatoires et critiques qu'elle soulève, reste omniprésente. Cette production historiographique, à l’instar de l’ouvrage de Peregrine Horden et Nicholas Purcell, est néanmoins essentiellement cantonnée à l'histoire antique, à l'histoire médiévale et à l'histoire moderne, même si elle tend parfois à englober des tranches de l'histoire contemporaine. Dans le paysage de l'historiographie française, toutefois, cette dernière paraît avoir intériorisé la référence méditerranéenne. Non seulement par l'indiscutable héritage braudélien, qu'elle s'est mise par ailleurs à déconstruire en adoptant une approche critique, mais aussi par la place tenue par la Méditerranée dans la construction de l'identité nationale de la France et dans son positionnement sur la scène internationale, le plus souvent dans le cadre des interrogations portant sur le fait colonial et ses héritages après la décolonisation.
La récente effervescence politique dans les pays arabes incite à la redéfinition des interrogations historiennes, d'autant plus qu'elle est couplée, sur la rive Nord, avec une crise économique européenne dans laquelle une spécificité « méditerranéenne » est par trop évidente, avec pour toile de fond une crise financière mondiale. En particulier, ces évolutions paraissent renforcer la tendance, déjà perceptible sous l'effet incitatif de l'histoire transnationale, à mettre en valeur une approche globale de phénomènes qui restaient plus ou moins cantonnés dans chaque aire culturelle et qui étaient davantage vus dans une optique occidentalo-­‐centriste. De ce fait, le Groupe de travail sur la Méditerranée propose une approche décloisonnée de l'objet Méditerranée, ouverte aussi bien aux différentes approches qu'au dialogue avec les modernistes, par le biais de ces rencontres qui se veulent un lieu d’échange et de réflexion.

PROGRAMME 2012-2013
1ère séance (20 novembre 2012): La Méditerranée : un objet de l'histoire des relations internationales du temps présent ?

Henry Laurens (Collège de France)

Robert Frank (UMR IRICE)

2e séance (15 janvier 2013) : Image et politique: création, appropriation et vecteurs des circulations des images en temps de mobilisations politiques et/ou sociales.

Alya Aglan (UMR IRICE) : Les représentations de l'avenir dans la résistance française et européenne

Marie Chominot (Université Paris 8) : La « guerre des images » : les stratégies de communication par l'image du FLN pendant la guerre d'indépendance algérienne

Yves Gonzalez-Quijano (IFPO) : L'iconographie sur le Net du "printemps arabe": la fabrication de l'image de l'indigné(e)

3e séance (12 février 2013) : Réflexions autour des révolutions arabes

Nicolas Dot- Pouillard (IFPO) : Mouvements de gauche et formations islamistes à l'heure des révolutions arabes: de la collaboration à la polarisation?

Pierre Vermeren (Université Paris 1): titre à confirmer avec l'intervenant

Mathieu Rousselin (Université de Saint Gall) : Modern Communications Technologies and the Extension of the Territory of Struggle - Conceptualising Tunisia's Jasmine Revolution

4e séance (19 mars 2013) : Circulations, migrations en Méditerranée

M’Hamed Oualdi (Inalco): titre à confirmer avec l'intervenant

5e séance (16 avril 2013) : Poids et héritages du discours colonial sur la Méditerranée

Florence Deprest (Université Paris 1) : titre à confirmer avec l'intervenant

Virginie de Moriamé (Université de Louvain) : De l'héritage à l'usage du passé dans les relations euro-méditerranéennes: une analyse du discours européen

6e séance (14 mai 2013) : Espaces interculturels, acteurs et dynamiques transnationales des circulations des idées dans l'espace méditerranéen

Jean-Robert Henry (IREMAM) : L'univers mental des rapports franco-maghrébins

Leyla Dakhli (CNRS) : La question du féminisme comme « article d'importation » sur la rive sud- orientale de la Méditerranée, un discours à déconstruire / et/ou la question des circulations féminines et des formes particulières qu'elles prennent (voyageuses/exploratrices / émigrées).

7e séance (4 juin 2013) : Institutions et circulations transnationales

Mathieu Jestin (Université Paris 1) : Le consulat français et son rôle dans les circulations de personnes des communautés françaises (1890-1912).

Angelos Dalahanis (IREMAM) : La Maison de commerce d'Alexandrie et son rôle dans les circulations de personnes de la communauté grecque d’Égypte.

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